Milestone. Voilà le mot approprié et largement utilisé chez les anglo-saxons. Je n’arrive pas à trouver d’équivalent aussi parlant dans notre belle langue. Une étape ? Un but intermédiaire ? Un tournant ?
Toujours est-il qu’atteindre une bankroll à quatre chiffres fait partie de ces objectifs plus ou moins clairs lorsque l’on commence à constituer son capital de jeu. Encore faut-il l’avoir identifié et savoir qu’à ce moment-là il est temps de « descendre du vélo pour se regarder pédaler ». Canonbis titrait ces derniers jours « la montée de limites, c’est comme les antibiotiques ». Sous-entendu, ce n’est pas automatique.
Progresser au poker demande travail, patience et discernement.
Travail, car sans cela nous sommes à quelques très rares exceptions tous voués à nager avec les poissons clowns. Il faut monter en compétences, travailler sa technique, être capable d’aller toujours plus loin dans les niveaux de lecture du jeu. Pour cela, pas de secret. Lire, regarder des vidéos, prendre des notes, appliquer, corriger sans relâche.
Patience, car ce travail est long et le retour sur investissement s’obtient de manière plus ou moins aléatoire. Cela tient à la nature ingrate du poker. Le facteur chance prédomine à court terme, le facteur compétence à long terme. Il faut donc avoir cette patience et la persévérance nécessaire pour voir les fruits de son travail.
Discernement, car il faut savoir s’observer et faire son autocritique, de manière la plus objective possible. Apprendre à reconnaître ses forces tout en acceptant ses faiblesses. Les forces sont celles sur lesquelles appuyer son développement, en particulier le format de jeu sur lequel on est le plus performant. Les faiblesses sont les lacunes qu’il convient de combler par le travail. Ce travail est technique autant que psychologique. Et il appel à son tour le discernement.
Lors du dernier tournoi, plus particulièrement sur les deux dernières tables, j’ai senti la différence de niveau avec les meilleurs joueurs présents. J’ai ainsi pu mesurer les énormes progrès qu’il me reste à faire pour devenir régulièrement performant sur ces tournois à 5 ou 10 euros de buy-in. Il est clair que je ne vais pas continuer indéfiniment à construire mon capital de jeu, pour deux raisons :
- Premièrement, ben… la montée de limites, c’est pas automatique. J’ai atteint une capacité financière à jouer à un certain niveau, mais je ne domine pas ce niveau en termes de compétences ;
- Deuxièmement, il est temps que ce jeu d’argent devienne « rémunérateur ». Nous jouons tous au poker parce qu’il existe une perspective de gain financier. Si ce gain n’arrive jamais, c’est une partie de la motivation qui disparaît.
Cela implique deux choses :
- Je stoppe la montée dans les buy-ins pour parfaire l’apprentissage au niveau actuel. Aucun intérêt d’aller me faire démonter sur de plus gros tournois. Ca ne sera bon ni pour ma bankroll, ni pour ma confiance. Or la confiance nourrit la persévérance qui elle-même appelle les résultats. Et c’est bien après les résultats que je cours in fine;
- J’établis un plafond au-delà duquel je cash-out. Je fixe ce plafond à 1500€ de bankroll. Je dois donc encore l’atteindre. Tout surplus sera automatiquement viré sur mon compte au terme de ma « rémunération ». Même si ce n’est qu’une dizaine d’euros, cela apportera une réalité tangible à la progression et aux performances qui jusqu’ici ne font qu’alimenter un fond de roulement. Pourquoi 1500€ ? Car cela finance 75 tournois à 10 euros avant que s’impose une descente à 5 euros. Et ce montant correspond au seuil de descente de limite si je jouais au niveau supérieur, à savoir 20 euros. Il me permettra de jouer sereinement sans avoir peur de prendre les bonnes décisions pour des raisons financières (ce qu’on appelle être « scared-money »).
Une fois que je me sentirai prêt, dans plusieurs semaines, plusieurs mois, je gonflerai à nouveau mon fonds de roulement pour jouer au niveau supérieur. Mais ça, c’est encore une autre histoire.
Salut,
Content de te lire au retour de mes vacances skiesques
Je guette toujours les nouveaux posts sur ton blog.
Toujours bien écrit, sympa à lire, que du bon
Bon, mode flatterie off.
Je suis aussi en pleine réflexion sur le fonds de roulement. Combien laisser sur les rooms ? COmbien garder à côté ? Que comptabiliser dans la BR disponible.
J’ai décidé de cash out tout ce qui dépasse 400€ sur une room. Dès ce cash out, cet argent ne fait plus partie effective de ma BR globale.
OK, ca m’empeche de monter en limite parfois, mais comme tu le dis si bien, quel intérêt de se faire démonter par les pros et de tout perdre…
Depuis ma petite perf de Janvier sur le Classic 50 BP (suivie d’un cash out dans les règles), pas grand chose à se mettre sous la dent, BR en chute lente mais régulière, pas beaucoup de jeu, toujours pas beaucoup de plaisir en SNG petites limites. Et hier, 2 MTT du soir, espoir, je fais 2eme sur le Wanted EFP et 4eme sur le Classic 50E BP (mon préféré, sur ticket a 5E comme d’hab). Bon retour sur investissement, et cash out again
Finalement, c’est simple le poker: 5E -> ticket 50E -> ITM -> cash out
Trop facile…

)
(mais pas assez fréquent
Ciao
PierreLo
Merci pour le mode flatterie, cela plaira à l’écrivain qui sommeille en moi lol… A vrai dire, le fonds de roulement est une affaire très personnelle. Certains vont avoir besoin d’une gestion agressive parce que seule l’adrénaline leur fait prendre les bonnes décisions ou les empêche de spew. D’autres, comme moi, préfèrent assurer largement leurs arrières pour se désensibiliser totalement vis à vis des montants en jeu. Après ça dépend aussi beaucoup du niveau auquel t’es compétent. On est là pour battre les autres joueurs, uniquement pour ça. Si on bat les joueurs à 5€, ben faut pas aller chercher ailleurs (dans un premier temps). C’est comme pour tout : il faut se tester, et apprendre à se connaitre. Et puis perso, tout ce qui sortira de la room sera considéré hors bankroll. De toute façon je n’ai pas pour vocation pour l’instant à me constituer une BR live. Le live, je souhaite avant tout y accéder grâce au online… Peut être que dans quelques années il sera temps de créer une BR live. Mais ça aussi, c’est une autre histoire lol
Perso, je ne laisse plus trop de fric sur les rooms (pas confiance).
Je cash out par virement sur mon compte courant mais je garde sous excel une trace tres précise de tous les mouvements (une BR virtuelle en quelque sorte).
Si je décide de cash out par exemple 500E, je choisis si ça sort définitivement de la BR ou non. Si oui, je les déduis dans mon Excel, sinon je les indique dans l’excel comme « réserve de BR ».
Par exemple, je cash out 200E comme réserve de BR, et je sais ensuite que j’ai 200E dispo sur mon compte bancaire pour cash-in plus tard, sur une nouvelle room ou pour jouer des tournois particuliers par exemple.
Ca me permet de savoir où j’en suis sans avoir à laisser tout l’argent sur les rooms (pas confiance, j’te dis !)
Juste pour info
PierreLo
hmmmm pas bête du tout
de toute façon j’ai déjà un compte bancaire séparé, ça serait assez simple à gérer… je la note celle là, merci bro
Bonjour Mathieu,
Je découvre un peu par hasard ton blog suite à un retweet de « croc monsieur » et je dois dire que je suis bluffé
En effet, hormis le fait que tu sois un joueur de Poker, ta façon d’ecrire tes articles est plutôt intéressante et plaisante à mon goût !!
Dis-moi tu as vraiment couché une quinte flush ROYALE ?
Au plaisir de te lire, de se rencontrer sur Winamax et d’échanger sur le Poker « of course »,
++
frenchboy38
Hello! Merci pour ton commentaire
Je me pose cependant beaucoup de questions sur la suite à donner. Problème de ligne éditoriale, de sujets à traiter… Et oui, j’ai vraiment couché une royal flush. En fait j’ai fait un timeout en voulant faire une capture d’écran
J’ai fait un article pour raconter la main, « Royal Flush Black Out »
See ya sur les tables!
Ne pas se sous-estimer, ni se sous-estimer, c’est la clef
Article très sympa…
Canon
Merci mister! Oui, c’est la clef… en même temps, c’est bien ce qu’il y a de plus difficile!